Rédigé par notre équipe le 15 novembre 2017.

Alors que l’atmosphère est à la chasse aux pervers et aux harceleurs sexuels, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes se penche de manière bien dérangeante sur la question de l’âge plancher du consentement sexuel. Un âge qui pourrait être de 13 ans ! Marlène Schiappa et ses acolytes du gouvernement pensent-ils vraiment qu’à 13 ans, un enfant a la maturité et le développement suffisant pour consentir à un rapport sexuel – de surcroît avec un adulte ? Certains lobbys se frottent déjà les mains !  

L’avocat Thierry Lévy est mort, mais son effrayante vision du monde et de l’enfance vit toujours dans bien des têtes. En effet, celui qui regrettait en 2011 sur le plateau Ce soir ou jamais que le débat sur la sexualité avec les enfants ne soit plus permis et que la pédophilie soit systématiquement criminalisée, peut se satisfaire du « débat » actuel. Interviewée sur BFM TV (la référence ultime en terme de journalisme et de morale) Marlène Schiappa travaille à l’établissement d’un âge sexuel plancher en dessous duquel « on considérerait qu’il ne peut pas y avoir débat, jamais, sur le consentement sexuel d’un enfant, et que tout enfant en dessous d’un certain âge serait d’office considéré comme violé ou agressé sexuellement ».

L’enfant, un adulte comme les autres ?

L’initiative est intéressante sauf quand on apprend que la réflexion sur cet âge tourne entre 13 ans et 15 ans. 13 ans ? Marlène Schiappa se rappelle-t-elle avoir été une enfant de 13 ans ? Comprend-elle que si un adulte l’avait « invitée » à découvrir la sexualité à cet âge, sa réponse n’aurait nullement été prise en conscience ? La Secrétaire d’Etat se pose beaucoup de questions, mais vraisemblablement pas les bonnes. Quand même un peu honteuse d’avancer seule en première ligne sur une philosophie libertaire qui devrait mettre mal à l’aise tout un chacun, Schiappa se retranche encore derrière le Haut Conseil à l’Egalité qui préconise 13 ans quand les parlementaires et experts souhaitent un minimum de 15 ans, soit la majorité sexuelle actuelle.

Sans rentrer dans le détail d’un Haut Conseil à l’Egalité – machin consultatif fondé en 2013 qui n’a aucune légitimité dans son système de nomination – on peut s’interroger sur la prise en main de certains organes par les frères de combat de feu Maître Thierry Lévy. Un petit garçon de 13 ans qui a une relation sexuelle avec un adulte ? Pas de souci pour certains. C’est la liberté ! Merde ! Quand même !

Cette descente morale vertigineuse est particulièrement troublante dans le contexte actuel où toutes les dérives sexuelles sont rapportées (avec raison) dans les médias, en attendant les palais de justice ? A croire que la pédophilie ne serait plus une déviance condamnable. Personne n’ose dire clairement que ce sujet se cache derrière le « débat » en cours, mais tout le monde le pense et en fonction des réactions, l’âge plancher sera arrêté plus ou moins bas.

La Justice vient-elle de préparer le terrain en assurant qu’un individu de 22 ans qui a emmené une jeune fille de 11 ans à l’écart dans un parc pour avoir une relation sexuelle n’est pas coupable de viol ? Le prévenu déclaré innocent s’en est sorti en affirmant que la fille avait menti sur son âge et qu’elle allait avoir 15 ans au moment des faits. Un accouchement et un abandon du bébé en famille d’accueil sont venus alourdir une rencontre traumatisante qui n’a en rien ému les juges. Ces derniers sont chapeautés par une Garde des Sceaux qui assure sans gêne que l’âge plancher retenu pourrait être de 13 ans. 15 ans ? 13 ans ? 11 ans ? Quelle différence après tout ! La perversion de certains ne s’arrête pas à ce genre de considérations. La morale, oui, mais cela fait bien longtemps qu’elle a quitté les allées du pouvoir.