Rédigé par notre équipe le 28 septembre 2017.

Faute de pouvoir gouverner avec de (bonnes) idées, Macron utilise les symboles. Pour se faire, le défenseur de l’Europe version Maastricht s’est donc rendu à La Sorbonne où il a exposé pendant une heure et demi son « ambition » pour l’Union européenne. Un discours fleuve devant les jeunes générations chargées de balayer une bonne fois pour toutes les notions de nation, d’amour de la patrie et de fierté. Il faut tout donner à l’UE pour que la France meure. Le président enterre son pays et les éditorialistes exultent…

Même s’il n’est pas un bon orateur (sauf selon BFM TV et la clique en charge de le promouvoir), Emmanuel Macron est tenu de faire quelques discours pour bien montrer qu’il s’intéresse à des questions de fond. Et quoi de plus naturel de déverser une logorrhée sur le thème de la refondation de l’Union européenne ? Il a été mis à la tête de la France pour faire place à cette hydre malade. Trois mois après sa prise de fonction, il était temps de donner les grandes lignes de son action. Un timing d’autant plus intéressant que les élections en Allemagne ont vu l’arrivée en force de l’AfD, parti conservateur décrit bien logiquement par la caste médiatique comme un avatar d’un hitlérisme renaissant.

La France est donc le seul grand pays encore debout dont les démons vichystes sont cadenassés grâce au génial Macron. La réalité est tout autre, car n’en déplaise au président de la République, la France est gravement malade sur le plan économico-social et docteur Macron achève un patient qui n’a par ailleurs aucune tentation de type national-socialiste. Bref, Macron veut paraître plus beau qu’il n’est et tant pis si l’image de la France doit en pâtir. Sans surprise, le discours a été un ode à l’européisme où tous les peuples se donnent la main et marchent vers le progrès. De peuples, il en a été beaucoup question puisque Macron s’est astreint à ne pas utiliser les mots de « nation » et de « patrie ». Fidèle à l’idée nauséabonde que les nations se font forcément la guerre, il veut dépasser ces constructions pourtant efficaces en donnant à Bruxelles toutes les clés.

La France : une région européenne comme les autres

Pour enterrer la France et tourner le dos à deux milles ans d’une histoire rance et raciste, les objectifs à atteindre ont été donnés. Il faut se rapprocher du « modèle » allemand – c’est-à-dire continuer à être le paillasson de Merkel – quitte à créer une Europe à deux vitesses. La France sera soumise à l’Allemagne avec consentement et envie tandis que les autres pays suivront en traînant les pieds. Beau projet… ! Pour cela, il est important de noyer toute idée nationale. Ainsi, un budget pour la zone euro doit être créé, étape qui annonce la prise de contrôle officielle par un exécutif européen illégitime pour décider de l’avenir de la France.

Pour parachever cette œuvre diabolique, Macron souhaite en finir avec une armée française déjà à bout de souffle. « Je propose à nos partenaires d’accueillir dans nos armées nationales, et j’ouvre cette initiative à l’armée française, des militaires venant de tous les pays européens volontaire pour participer le plus en amont possible à nos travaux de renseignement, de planification et de soutien aux opérations ». L’armée française a vocation à devenir une cour des miracles aux ordres « d’une force commune d’intervention, (qui sera dotée) d’un budget de défense commun, et d’une doctrine de défense commune pour agir ». L’idée n’est pas nouvelle, mais Macron est le plus résolu de tous les traîtres à la France à vouloir y parvenir. Enfin, des listes transnationales pour les élections européennes doivent finir de donner les clés à une élite européiste complètement déconnectée du terrain et des préoccupations des citoyens français.

La potion est empoisonnée, mes les médias français sont en pamoison devant cet élan présidentiel. Libération, sous la plume de Laurent Joffrin, explique au bon peuple ce qu’il faut penser et qu’il faut se réjouir du : « langage du bon sens et de l’audace » du président qui a « cent fois raison de montrer l’horizon. (…) Une Europe de la défense, de l’immigration, de la lutte antiterroriste, et surtout une Europe plus sociale et plus volontaire, qui protège mieux : il n’y a pas d’autre planche de salut pour ce continent déboussolé ».

Un continent déboussolé, mais pas pour les raisons qu’a en tête Joffrin. Un continent qui voit que malgré les discours, l’Union européenne se complait dans le creusement des inégalités. Un continent où la plupart des élites n’arrivent même plus à désigner les maux qui le ronge et qui préfèrent disserter sur « l’international terroriste » plutôt que sur le « terrorisme islamiste ». Des nuances qui n’en sont pas et qui illustrent le danger de se ranger derrière la politique suicidaire d’un homme qui rêve de devenir président de l’Europe.