Son pantalon, trop grand, aurait finalement “glissé”.

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/ Mardi 21 mars 2017 à 12:130
Théo a changé sa version des faits. Photo © AFP

Aulnay-sous-Bois. Après avoir affirmé lors de sa première audition que les policiers lui avaient volontairement “enfoncé le bâton dans les fesses après avoir écarté le caleçon sur le côté”, Théo est revenu sur cette version des faits, comme l’a révélé Le Parisien. Son pantalon, trop grand, aurait finalement “glissé”.

 

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Les policiers ont-ils “enfoncé le bâton dans les fesses [de Théo] après avoir écarté le caleçon sur le côté”, pendant qu’un autre membre des forces de l’ordre lui “tenait les jambes” en le maintenant “légèrement incliné debout” ? Cette version des faits, présentée par le jeune homme de 21 ans après son interpellation musclée à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) par des fonctionnaires de police, a été contredite depuis le 2 février dernier. Par la vidéosurveillance, d’abord. Et par Théo lui-même, ensuite, comme le révèlent nos confrères du Parisien. Interrogé par la juge sur le déroulé de la scène, il a présenté une histoire très différente de celle qui a provoqué la mise en examen de quatre policiers dont un pour viol et plusieurs nuits d’émeutes dans les banlieues.

“Je prends mes pantalons en XL, ce n'est pas ma vraie taille”

“Comme je vous l'ai dit, la première audition, je n'étais pas en état” commence Théo. La juge lui fait remarquer que son pantalon n’avait pas spécialement besoin de la virulence d’un policier pour être baissé : “Sur la vidéo, on voit que vous marchez en approchant des lieux, vous remontez votre jogging, et que vous le portez très bas. Est-ce exact ?” Il approuve : “Si tu ne serres pas ton pantalon avec le cordon, logiquement il se descend tout seul. Et puis je prends mes pantalons en XL, ce n'est pas ma vraie taille”.

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Vient alors une explication qui n’apparaissait pas dans sa première audition : “Quand l'un des policiers m'a attrapé, mon pantalon a glissé”. “Ils tiraient vers le bas quand même, mais je ne pense pas que c'était volontaire. Ils essayaient de me maîtriser. Et comme mon pantalon n'était pas bien attaché, il tombait”. Théo n’est jamais revenu sur l’accusation de viol, malgré ces contradictions explicites. La police des polices, en revanche, a déjà estimé qu’au visionnage des images de vidéosurveillance, “la finalité et les conséquences de ce geste n'étaient pas intentionnelles car il visait la cuisse pour faire plier la jambe de l'intéressé”.