Extraits du discours de Sacha Reingewirtz, président de l’Union des Etudiants juifs de France (UEJF), prononcé à l’occasion de la commémoration de la révolte du ghetto de Varsovie dans lequel il évoque la situation en France et en Europe.

Sont-ils morts … pour rien ? Se sont-ils battus … pour rien ? La révolte du ghetto de Varsovie nous interroge.

Elle m’interroge en tant que Président d’une association militante qui combat le racisme et l’antisémitisme. […]

Je veux exprimer, à la veille des élections européennes, mon inquiétude de voir se développer un sentiment anti-européen, qui remet en question le bien commun forgé au sortir de la guerre pour éviter qu’un tel déchaînement se reproduise.

Je veux dire que la France va mal quand sa Ministre de la Justice est traitée de guenon par des écoliers, que les Français empruntent un chemin dangereux quand ils se rallient toujours plus nombreux derrière des partis qui stigmatisent l’étranger, ce que j’ai constaté, lors des élections municipales, lorsque nous nous sommes rendus dans les villes pour combattre pied à pied le Front National – et dans certaines des villes qu’il a conquises, on a déjà retiré le drapeau de l’Europe.

Je veux dire qu’il est urgent de faire un travail de fond dans ce pays pour mettre un terme à la stigmatisation des minorités vulnérables, celle des Roms et gens du voyage, pour en finir avec les discours xénophobes sur les musulmans, avec les préjugés racistes sur les Noirs, les Arabes, les Asiatiques, pour faire obstacle à la parole homophobe !

Nous avons porté plainte contre le journal régional qui a publié avant-hier dans ses colonnes un classement de la délinquance par nationalité. […]

Ce soir, je veux affirmer qu’en dépit de leur sort personnel, les insurgés du ghetto de Varsovie ont sauvé l’humanité. […]

Ce soir, nous sommes debout, nous sommes leurs héritiers, et nous continuerons à transmettre leur message. Non, ils ne sont pas morts pour rien.

Crif