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Valls détaille a minima ses 50 milliards d'économies

VIDÉOS - Le premier ministre a annoncé peu de réformes structurelles. La plupart des économies présentées sont soit le résultat de politiques déjà en place, soit la reconduction de dispositifs existants.

«Réformer, réduire les déficits, redresser, réussir.» Voilà la ligne de conduite fixée par Manuel Valls hier, dans un exercice plutôt inédit qui a conduit le premier ministre à s'exprimer à l'issue du Conseil des ministres à l'Élysée, en lieu et place du porte-parole du gouvernement.

Depuis le 31 décembre, date à laquelle François Hollande a pour la première fois évoqué le pacte de responsabilité et redit son intention de réduire de 50 milliards les dépenses d'ici à 2017, ce dernier n'en avait pas dit plus. Et le «Conseil stratégique de la dépense publique» que le chef de l'État présidait en personne, pour déterminer les 50 milliards, se réunissait dans le plus grand secret. D'où une impatience manifeste depuis plusieurs semaines.

Bien qu'accélérant le calendrier prévu (l'annonce du détail de l'enveloppe des 50 milliards était attendue le 23), Manuel Valls n'a pas exactement répondu à toutes les attentes… Il a eu beau entrer un peu plus dans le détail des économies - l'enveloppe sera répartie à hauteur de 18 milliards d'économies pour l'État, 11 milliards pour les collectivités locales, 10 milliards pour l'Assurance-maladie et 11 milliards pour les autres dépenses sociales -, les mesures nouvelles manquent. La plupart des économies présentées sont soit le résultat de politiques déjà en place (comme la réforme des retraites), soit la reconduction de dispositifs existants (comme la poursuite du gel du barème des fonctionnaires). L'une des rares véritables annonces concerne le gel des prestations sociales, hors minima sociaux, jusqu'à octobre 2015.

Surtout, les réformes de structures tant attendues, et chères à la Commission européenne, font clairement défaut… Geler le barème des fonctionnaires ou décaler la revalorisation des pensions sont des décisions courageuses à prendre politiquement mais ce ne sont pas des réformes qui modernisent l'appareil de l'État ou rationalisent l'action publique. Cela revient surtout à renvoyer le sujet à plus tard! «Ce que nous prévoyons de faire sur les dépenses de santé, ce sont de véritables réformes de structure!», se défend-on à Matignon, où l'on cite une optimisation de la dépense dans le domaine des médicaments, un recours accru au générique ou une meilleure organisation du parcours de soins.

«La chirurgie ambulatoire montre qu'on peut réaliser des économies tout en améliorant la qualité de la prise en charge», a souligné Manuel Valls, sans donner plus de détail. Pas plus qu'il n'en a donné sur ce qui pourrait être la vraie réforme de fond du quinquennat, celle qui touchera les collectivités territoriales, via notamment un rapprochement entre les régions. «Le futur projet de loi de clarification des compétences des collectivités territoriales comportera des réformes profondes pour générer des économies», a simplement souligné le premier ministre.

Pas un plan d'austérité

Manuel Valls a surtout voulu faire passer un message: «il ne s'agit pas d'austérité», a-t-il martelé. Comme pour répondre par avance aux critiques qui n'ont pas tardé à pleuvoir des syndicats et de l'aile gauche de son parti. Et parce qu'il tient à les convaincre du bien-fondé des choix qui ont été faits, il a assigné «trois objectifs» au plan de 50 milliards d'économies. D'abord permettre de financer le pacte de stabilité qui doit réduire de 30 milliards d'euros le coût du travail des entreprises d'ici à la fin du quinquennat. «C'est le moyen de mettre en mouvement notre économie, de redonner du souffle à nos entreprises.» Ces économies doivent ensuite permettre de «redonner du pouvoir d'achat aux salariés». Dès le mois de juin, le gouvernement prendra une mesure en faveur des contribuables les plus modestes. Un geste à «500 millions d'euros», a confié le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Le 1er janvier 2015, les cotisations salariales seront également allégées pour les bas salaires.

 

Sale menteur

Enfin, tout cela doit se traduire par une amélioration de la situation de nos finances publiques. «Nous ne pouvons pas vivre au-dessus de nos moyens», a martelé le premier ministre, qui a confirmé l'intention ferme de la France de ramener son déficit public sous la barre des 3 % en 2015 - il est aujourd'hui à 4,3 %. Pour l'instant, l'équation financière semble délicate et nombreux sont ceux qui affirment que le compte n'y est pas… «Il y sera!», assure-t-on à Matignon. L'exécutif doit présenter mercredi prochain en Conseil des ministres les nouvelles prévisions macroéconomiques de la France et la trajectoire de finances publiques qui en découle. Un nouveau moment de vérité.

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