Daho Ferhaoui avait grièvement blessé et mutilé l’un de ses voisins au soir du 30 juin 2011, rue de la Mouneda à Montpellier [...] lorsque, armé d’un katana, l’intéressé à grièvement blessé cet étudiant. Lui sectionnant l’index gauche et lui mutilant deux autres doigts d’un coup de lame portée avec ce sabre japonais. Tout cela pour une cigarette refusée. Ou en réponse à d’improbables visions nourries par le chaos occupant son esprit.

Et de soutenir : « Ma conviction est que sa route croisera à nouveau celle de la justice. » Interpellant enfin les jurés : « Un jour, il va sortir. Le voulez-vous comme voisin pour vous, vos enfants, vos petits-enfants ? »

Un risque quantifié par le magistrat à l’endroit de ce ressortissant d’origine algérienne. Soit treize années de réclusion, assortie d’une interdiction définitive du territoire. Treize fois non ! Le coup de Ferhaoui n’était pas volontaire ! « Il a voulu lui faire peur mais pas le toucher intentionnellement ! », soutient mordicus Me Dumont en défense. Et pour lequel le geste de son client est intimement lié à ses troubles. Tant psychologiques que psychiatriques.

« Il est malade ! » affirme la défense L’auxiliaire regrettant « les rapports des expertises pas satisfaisants. Car ils ne sont pas allés au bout des choses ». Certes. Et de poursuivre plus avant : « Moi, je dis que l’on ne peut pas condamner des fous, des demi-fous. C’est l’honneur de notre justice de ne pas condamner des gens pas bien dans leur tête. Et Daho Ferhaoui n’est pas bien dans la sienne ! Il est malade ! » Allant plus loin (trop ?) encore : « La victime a participé, par une erreur d’appréciation, à son drame. »

Chose certaine en revanche : ce lundi en fin de journée, Daho Ferhaoui a été condamné à dix années de prison. Sans interdiction du territoire comme l’avait réclamé l’accusation.

Midi Libre