Les Français éliront le 25 mai prochain les 74 députés qui siègeront pour cinq ans au parlement européen. Les élus tricolores ne sont pas aussi influents qu’ils le devraient au sein de l’hémicycle bruxellois. L’analyse de Charles de Marcilly, conseiller de la fondation Robert Schuman.

Sur quels critères mesure-t-on l’influence d’un député européen ?

Charles de Marcilly. L’appartenance à un groupe politique fort (PPE ou S&D), à une commission au législatif contraignant, la capacité à être reconnu par ses pairs. Cela s’acquiert par la technicité, la capacité de négociation, les compétences linguistiques, la présence et la longévité.

Les Français y répondent-ils ?

Les députés français ont des postes importants tels que présidents de commission et coordinateurs. Ils pourraient néanmoins gagner en influence s’ils obtenaient plus de rapports et étaient davantage présents, ce qui n’est pas compatible avec le cumul des mandats. La France perd de l’influence en envoyant au Parlement des députés peu impliqués. Par ailleurs, ils sont éparpillés dans tous les groupes politiques, alors que l’Allemagne se concentre dans les deux grands partis.

La montée des extrêmes peut-elle changer le rapport de force ?

Le mode de scrutin et l’abstention favorisent les petits partis. Les extrêmes et les eurosceptiques vont avoir davantage de députés. Mais, parce qu’ils ne participent pas au compromis, la clé du vote au Parlement européen, ils ne parviendront pas à peser. La France risque de perdre en influence, car elle sera diminuée en nombre dans les deux grands partis.

L’Express