Addendum du 06/01/14

Un agent de la SNCF d’origine africaine se rend mardi à l’Elysée pour tenter d’évoquer les dérives racistes, notamment à Paris.

L’INFO. Les chiens aboient et la locomotive passe… Les dérives racistes semblent gangrener le fonctionnement de la SuGe, la sûreté générale, le corps de la SNCF en charge de la surveillance dans les gares. Le site Mediapart révélait lundi que la gare de Montpellier est notamment concernée par la situation. Blagues, SMS échangés ou encore chansons racistes, tout serait bon pour discriminer la population maghrébine, employés et usagers. Les deux agents qui ont rapporté ces agissements sont depuis mis à l’écart. Victime d’acte racistes similaires entre 2005 et 2011, un agent de la région parisienne va quant à lui se rendre à l’Elysée mardi pour évoquer la situation, selon les informations d’Europe 1.

(…) Europe 1

05/01/14

RACISME – Mediapart publie dimanche 5 janvier une enquête relevant des pratiques racistes à la sûreté ferroviaire de Montpellier. Pour le prouver, le site d’investigation dévoile des documents internes (lien payant) et s’appuie sur les témoignages d’Eric (prénom modifié) et de Kamel.

 

Quand ce dernier arrive à la SUGE (sûreté générale) -une police interne armée ayant pour mission de protéger les voyageurs et le personnel de la SNCF- de Montpellier en juillet 2011, il ressent un malaise, écrit Mediapart. Un malaise général qui s’accentue au fil du temps jusqu’à la réception de ce SMS, le 7 décembre 2012, envoyé par un agent à plusieurs collègues:

« Seine-Saint-Denis: cinq arabes se tuent au volant d’une C5 lors d’une course-poursuite. Le Mirail à Toulouse: un jeune arabe au volant d’une saxo force un barrage de police et se tue. Grenoble: trois maghrébins se tuent à bord d’une DS3 Racing volée. MORALITÉ: vous n’imaginez pas tout ce que Citroën peut faire pour vous ».

Alors que la SUGE ne réagit pas après ce SMS, Kamel alerte le déontologue SNCF de la zone Méditerranée. Après ce signal d’alarme, une réunion se tient deux mois plus tard, avec pour thème « la discrimination sur le lieu de travail ». Mediapart a pu consulter le rapport rédigé dans la foulée.

On y apprend notamment qu’en 2012, « des propos et des musiques » du groupe néonazi Légion 88 ont été diffusés à plusieurs reprises dans le bureau de la gare de Montpellier, avec, sur l’air de La ballade des gens heureux, ce refrain: « Je te propose une ratonnade, le massacre des sales rebeus ».

Mais un autre agent, Eric, qui a pris très tôt le parti de Kamel dans cette affaire, et ayant lui aussi tenté d’alerter sur ces incidents, se voit peu à peu mis au ban par ses collègues et la SNCF.

« J’ai agi comme un humain normal, en pensant que la SNCF allait réagir. Ça a été tout le contraire. Sur place, la hiérarchie m’a pointé du doigt, m’a dit que je salissais le service. On a alerté en plus haut lieu. Mais la direction a préféré protéger ces gens qui ont des comportements antirépublicains », dit-il à Mediapart.
Il en est de même pour Kamel, lui aussi pas épargné par sa hiérarchie. Il ira jusqu’à faire une crise d’angoisse.

Par ailleurs, lors de sa venue pour la réunion en février, le déontologue recueillera d’autres témoignages dénonçant des actes à caractère raciste. « Des violences physiques et verbales auraient été commises volontairement lors d’interpellations, à l’encontre d’une certaine catégorie d’individus et notamment de personnes de souche maghrébine », écrit-il ainsi dans son rapport.

Huffington

 

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