Publié le 5 décembre 2013

Ouvert lundi, le procès de Jean-Marius Chanet, accusé d’avoir volontairement tiré sur Vincent Chardelain le 26 mai 2009 à Poussan, se poursuit aux assises de l’Hérault. 

9 h 30 –   »Parce qu’on mange des hérissons on nous tue ? »

A l’entame des débats, la cour d’assises donne la parole aux proches de Vincent Chardelain, la victime. « Je veux la vérité c’est tout » lance un membre de la famille.

« Parce qu’on est différent, parce qu’on ramasse des asperges, des escargots, parce qu’on mange des hérissons on nous tire dessus ? On nous tue ? »

Un des fils de la victime prend la parole dans le même sens : « Il est mort pour des asperges, parce qu’il ramasse des asperges ? On ne se fait pas justice soit-même, on appelle la police… Comment on va faire nous on est onze enfants ? » peste-t-il avant de s’asseoir et de jeter un regard noir en direction de l’accusé.

10 h – « Impossible de déterminer si le coup de feu était délibéré ou non »

L’adjudant chef de la brigade de recherches de Pézenas, chargé de l’enquête, livre maintenant son rapport à la cour.

« Mes conclusions : chacun campe sur ses positions et il est impossible de déterminer si le coup de feu était un acte délibéré ou non. L’accusé monsieur Chanet avait été très touché par le vol d’un plaque de cuivre quinze jours plus tôt, il n’en dormait plus, il était même amaigri. Par ailleurs, la saison des asperges était terminée et la famille Chardelain, originaire de l’Hérault, ne pouvait l’ignorer et ils étaient connus comme revendeurs de métaux. Leur présence sur place était douteuse, on ne va pas chercher des asperges quand ce n’est pas la saison ».

« Mais si tous les gens qui se promènent même avec des intentions douteuses courent ce risque, c’est inquiétant ! » remarque le président Cayrol.

Me Phung, partie civile, interroge alors le gendarme, et revient sur la question des asperges :

- « Comment savez-vous qu’il n’y avait pas d’asperge ? »

- « Je suis amateur d’asperge, je peux vous donner la période. »

- « Comment eux pouvaient-ils être sûrs qu’il n’y avait pas d’asperge ? »

- « C’est comme chercher des raisins dans les vignes fin octobre. »

- « Oui mais le printemps était précoce et vous reconnaissez qu’il n’y a aucun élément matériel pour les soupçonner de vol ? »

- « Tout à fait, aucune infraction n’a été relevée. »

L’audience est suspendue.

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