Addendum 19/10/13

Bénévole dans un comité indépendant de soutien aux demandeurs d’asile, Gérard Guinot s’occupait de la famille Dibrani depuis 3 ans dans le Doubs. Selon lui, cette affaire doit favoriser les conditions d’intégration des demandeurs d’asile et protéger les enfants de ces épreuves en temps et en zone scolaire et périscolaire. [...]

Dans la conduite des événements, le Réseau éducation sans frontières vous reproche une complicité sinon active au moins passive dans l’expulsion de Leonarda. Quelle analyse en faites-vous?

Gérard Guinot : Ils me voient comme «un collabo» qui a aidé le préfet à «livrer» Leonarda au Kosovo, alors que ma présence et mes interventions n’étaient au contraire que du soutien pour elle, pour la rassurer, pour trouver des compromis avec les forces de police afin d’éviter tout spectaculaire et humiliation. Ils me reprochent d’avoir respecté la loi, en fait. Derrière ce désaccord, c’est un différend politique. Moi qui suis PS, je ne suis pas assez de gauche pour eux qui sont Front de gauche, derrière Mélenchon. Ce sont des idéalistes, jusqu’au-boutistes. Sans doute estiment-ils que j’aurais dû cacher Leonarda… Mais eux alors, les profs de Leonarda qui étaient de RESF, pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?

Le Figaro

17/10/13

(…) Aujourd’hui, des dissensions apparaissent au sein de RESF. En cause, le rôle joué par un militant dans l’expulsion vers le Kosovo de la famille de Leonarda, Gérard Guinot, qui se présente comme le porte-parole du comité de soutien aux sans-papiers du secteur de Pontarlier (Doubs). Pour Jean-Jacques Boy, chercheur à l’École de mécanique et des microtechniques de Besançon et membre de RESF 25 (Doubs), Gérard Guinot est «complice» de l’expulsion de la jeune Kosovare.

Le chercheur utilise d’ailleurs le terme de «capture». «Pour Guinot, cette famille n’avait d’autre solution que de repartir», confie au Figaro Jean-Jacques Boy. Selon RESF, c’est Gérard Guinot et l’ancien maire de Levier où résidait la famille de Leonarda qui ont téléphoné à la jeune fille alors qu’elle se trouvait dans l’autobus pour une sortie scolaire avant de passer le combiné à la police aux frontières (PAF). Ce sont encore eux qui ont accompagné les forces de police pour récupérer Leonarda.

Un compte-rendu interne, figurant dans les fichiers de travail de la PAF, rédigé avant que la polémique n’éclate, stipule d’ailleurs: «Le professeur encadrant la sortie scolaire et un membre de RSEF sollicitent une prise en charge discrète de la jeune fille par les policiers.» Ce télex atteste, pour les syndicats de policiers, de la «bonne foi» de leurs collègues impliqués dans cette affaire.

«Cette famille kosovare ne plaisait pas à Gérard Guinot, elle ne remplissait pas ses conditions, poursuit Jean-Jacques Boy. Il aurait préféré s’occuper d’une famille qui s’intègre, qui apprenne le français. Mais les familles sont ce qu’elles sont.»

Depuis, RESF a interdit à Guinot d’utiliser le nom du collectif même si, étant donné les statuts du réseau, elle ne peut pas l’en exclure stricto sensu. D’autres membres de RESF vont plus loin. «C’est un humaniste qui fait beaucoup de choses dans le Doubs. Mais il ne partage pas nos valeurs car nous sommes pour la régularisation des sans-papiers, sans condition, confie Nadine, une institutrice de Besançon, membre du collectif. À partir du moment où il a dit à la famille que tout était fini, qu’il fallait qu’elle reparte dans son pays, il n’a rien plus à voir avec nous.» Sollicité à plusieurs reprises par Le Figaro, Gérard Guinot n’a pas donné suite.

(…)

 Le Figaro

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