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malbouffe

Philippe
David

 

Cadre dirigeant à l’international.
Auteur de : De la rupture aux impostures

Ce mois de février restera dans les annales de la malbouffe avec, en première ligne, la révélation que les lasagnes « pur bœuf » étaient en fait du « pur équidé ». Double scandale puisqu’on a vendu du bœuf pour du cheval (tromperie sur la qualité d’un produit) et que, le kilo de cheval étant beaucoup moins cher que le kilo de bœuf, cette tromperie se transforme en escroquerie. Un mérite cependant : nous faire prendre conscience de l’absence de goût des plats cuisinés puisqu’on n’arrive plus à faire la différence entre bœuf et cheval…

Le scandale frappant plusieurs pays d’Europe, on pouvait espérer une vigilance accrue de notre bonne Commission en matière de sécurité alimentaire… Mais non. La Commission européenne, sous la pression amicale des lobbyistes, vient, au contraire, de préconiser à nouveau le recours aux farines animales pour nourrir le bétail : dès juin 2013 pour les poissons d’élevage et à partir de 2014 pour les porcs et les volailles. Les mêmes farines animales responsables de l’ESB (Encéphalite Spongiforme Bovine) plus connue sous le nom de « Maladie de la vache folle » qui se transforme chez l’homme en « Maladie de Creutzfeldt Jacobs », maladie mortelle dans… 100 % des cas.

On ne peut pas dire que les médias officiels aient beaucoup hurlé au loup dans cette affaire comme lorsque, début février, la même Commission avait autorisé l’utilisation de l’acide lactique dans les abattoirs des pays de l’Union, cette fois sous la pression amicale des lobbyistes de la viande (les mêmes qui nous vendent du cheval pour du bœuf).

Tous les sportifs connaissent l’acide lactique : c’est celui qui fait mal aux muscles lors d’efforts prolongés. Dans les abattoirs, il permet de « nettoyer la viande » si les conditions sanitaires laissent à désirer. Finies les règles d’hygiène drastiques, il suffira de passer les viandes à l’acide lactique et le tour sera joué. Pour faire « avaler la pilule », les défenseurs de la méthode affirment que ce procédé est pratiqué dans les abattoirs américains depuis des années. C’est vrai, à ce détail près que, traitées à l’acide lactique, certaines bactéries deviennent résistantes aux antibiotiques présents sur le marché…

Vous me direz que ceci n’est pas si grave puisque cela offrira une opportunité en or aux lobbyistes des laboratoires pharmaceutiques de caser leurs nouvelles molécules — au prix fort, cela va de soi — auprès des assurés sociaux.

Philippe David, le 18 février 2013